












Avec Les endormis Tokyo 1992-2018, Gladys nous livre une exposition inédite d’un de ses travaux photographiques des années 90. Alternant entre polaroïds vintage et vues rapprochées en plus grand format, cette nouvelle mise en scène actualise ses images-documents initiales, et questionne de l’intérieur les questions de contemporanéité d’une œuvre.
En retrouvant aujourd’hui ces photos de « mes endormis », tel Antonioni dans son film « Blow Up », j’ai senti la nécessité de m’en approcher en zoomant dans l’image pour en percer le mystère, même si le Japon se livre difficilement.
Lors de mon premier voyage à Tokyo, je circulais en métro. J’ai découvert avec étonnement un nombre si impressionnant de voyageurs endormis, épuisés, que je décidai de faire un portrait de la pulsation de cette ville à travers ses habitants. J’ai entrepris de les photographier quotidiennement de manière frontale au polaroïd. Frappée par toutes ces personnes ainsi assoupies, voyageurs harassés au retour de leurs longues journées de travail, je me demandais quels rêves, quels cauchemars, quelles pensées se cachaient derrière leurs yeux clos.
Pour cerner au plus près leur intimité, leur monde intérieur, en révéler une approche narrative, le désir de faire revivre chacun d’eux, sortis de leur contexte, de leur cadre anecdotique de leurs trajets quotidiens en métro, chacun avec son rêve singulier, son mystère propre. J’aime que les photographies racontent une histoire.











